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Les 4 Vies de Steve Jobs : un livre à croquer ?

Apple ne serait pas la marque la plus puissante du monde* sans lui : Steven Paul Jobs, enfant rejeté à sa naissance, engendra par deux fois une entreprise pionnière et visionnaire. Il connaîtra le succès, la disgrâce, un retour inespéré et la situation actuelle plein de questionnement sur l’homme et le devenir de la firme à la pomme.

Daniel Ichbiah nous livre avec Les 4 Vies de Steve Jobs (Leduc.S Editions) un ouvrage nuancé sur le co-fondateur de Apple. On y découvre son histoire personnelle (adoption, amours, refus de paternité, bouddhisme…) et sa dévotion envers le travail au travers de ses différentes sociétés : Apple bien sûr, mais aussi Pixar et NeXT ; cette dernière donnera plus tard le système d’exploitation Mac OS X.

Comme bien des gens, l’auteur semble sous le charme du personnage. Cela se ressent dans sa façon de raconter les choses. Après tout, il a oeuvré dans des magazines spécialisés Apple comme SVM Mac et MacWorld, en plus d’être l’auteur de La Saga des Jeux Vidéo et Bill Gates et la Saga de Microsoft pour ce qui nous intéresse.

Retrouvez des extraits de « Les Quatre Vies de Steve Jobs »

Pourtant, l’auteur nous explique sans cesse que tout n’est pas rose pour les collaborateurs de Steve Jobs. Il apparaît tour à tour en manager despotique, en fervent défenseur de ses idées ou en développeur de talents pour ses collaborateurs et employés. A vrai dire, on se dit que c’est parfois une vraie pourriture ce Jobs, insultant les salariés ou allant jusqu’à les déranger chez eux le week-end !

Les 4 Vies de Steve Jobs est passionnant à lire. On y parle les relations tendues avec Bill Gates et l’alliance avec Microsoft plusieurs années plus tard, la vision rétrograde de Jobs sur certains des produits Apple, la chute puis le retour salvateur, le chantage envers Disney. Le livre est remplit d’anecdotes et de citations qui lui donnent du rythme.


Daniel Ichbiah, ‘Les 4 vies de Steve Jobs’ par frenchweb

Savez-vous que Steve Jobs a été le principal actionnaire de Disney et qu’il en a fait viré son PDG ? Que iOS a été supervisé par un ingénieur français ? Que Jobs a refusé d’intégrer un lecteur de disquette à une époque où il devenait le support de stockage principal ?

Les produits les plus populaires sont bien sûrs abordés dans le livre : Apple II, iPod, iPhone, Ipad…Pourtant, et alors que l’auteur est lui même un passionné de jeux vidéo, ce domaine reste peu abordé dans le livre (je soupçonne un veto de l’éditeur). Le nom de Nintendo est bien abordé deux fois. Atari est mentionné plusieurs fois quant à lui ; Steve Jobs a en effet compté parmi les employés et y a d’ailleurs joué un sale tour à son ami de l’époque et co-fondateur de Apple, Steve Wozniak, en s’adjugeant le prestige d’avoir réalisé Breakout en seulement quatre jours.

Daniel Ichbiah n’aborde pas l’échec de la Pipp!n (Pippin), cette console sortie au Japon et aux Etats-Unis, basée sur la technologie Apple (Mac OS 7) et dont Bandai possédait une licence. Vraisemblablement parce que ce projet n’a jamais été dirigé par Steve Jobs et que Apple n’a pas fabriqué cette machine multimedia. L’anecdote de Microsoft qui rachète Halo alors que le jeu devait transformer le Macintosh en machine de jeux. Pas de mention non plus des possibilités gaming de l’iPod et consorts. Par contre, des références à Bob Dylan, ça on en trouve un peu trop. Oui, l’auteur a également écrit de nombreuses biographies de chanteurs et de groupes musicaux.
Mise à part cette absence de focus sur les jeux que l’on comprend aisément, on notera quelques irrégularités (voyage dans le temps de Roy Disney, de 2003 à 1983 ? – p.250)  et fautes de frappes (« Jobs et irremplaçable » – p.292) : à croire que le correcteur est souvent tombé dans les pommes durant ses heures de travail…Plus sérieusement, quand on paie un livre à près de 17 euros, on attend qu’il soit irréprochable.
Je recommande tout de même Les 4 Vies de Steve Jobs si vous voulez en savoir plus sur l’histoire de Apple et de Steve Jobs, bien documentée et accessible à tous les lecteurs.

Dans le même style, découvrez ma critique de Microsoft…l’après Bill Gates.

*Selon un classement publié lundi 9 mai 2011 et établit par le cabinet Millward Brown.